Sommes-nous dépendants de nos smartphones ? Un sondage révèle des chiffres préoccupants

Un humanoïde rivé sur un smartphone avec des prises et une batterie à moitié vide en premier plan

Un sondage Comparis révèle que 40 % des adultes en Suisse présenteraient des signes de nomophobie, soit une forte dépendance au smartphone ou une anxiété liée à son absence. Que faut-il comprendre de ces chiffres, et comment accompagner les jeunes vers un rapport plus équilibré au numérique ? Analyse et pistes de prévention.

Introduction

Un récent sondage réalisée par Comparis met en lumière une tendance préoccupante : 40 % des adultes en Suisse présenteraient des signes évidents de "nomophobie". Ce terme désigne le fait de ne pas pouvoir se passer de son téléphone portable et d'éprouver de l'anxiété à l'idée d'en être séparée ou de ne pas pouvoir l'utiliser. En d'autres termes, on peut parler d'une dépendance à son smartphone. Ces résultats soulèvent des questions sur notre relation avec ces appareils omniprésents dans notre quotidien. Retour sur les points essentiels de ce sondage et les analyses qu’il inspire.

Un sondage éclairant sur les comportements face aux smartphones

Mené par l'institut de sondage Innofact pour le compte de Comparis, ce sondage a recueilli les réponses de plus de 1 000 participants face à dix affirmations. Ces dernières évaluaient des situations telles que le stress causé par l’absence du smartphone, la panique en cas de batterie faible, ou encore l’impossibilité de l’utiliser instantanément. Les résultats montrent que :

  • 40 % des adultes présentent une nomophobie marquée, avec des scores supérieurs à 30 sur l’échelle utilisée.
  • 7,3 % des sondés souffriraient de nomophobie prononcée (scores de 40 à 50).
  • Les jeunes de 16 à 35 ans sont particulièrement touchés : 54 % montrent des signes d’utilisation excessive.

Jean-Claude Frick, expert en thématiques numériques pour Comparis, souligne l’importance de ce phénomène, attribué à l’omniprésence des smartphones dans les tâches quotidiennes – communication, paiements, navigation, et même accès aux transports publics.

Un regard nuancé sur la "dépendance"

Cependant, tous les experts ne considèrent pas ces chiffres comme forcément alarmants. S'exprimant dans un article du journal le Temps, la docteure Yara Barrense-Dias, spécialiste en santé des jeunes chez Unisanté, invite à interpréter ces données avec prudence. Selon elle, il s’agit davantage de comportements à risque que d’une véritable "dépendance" au sens clinique. Elle insiste sur l’importance de prendre en compte le contexte individuel, les activités et l’environnement des utilisateurs. Cette approche rejoint tout à fait la méthode 3e que nous proposons aux parents pour les aider dans la gestion des écrans à la maison.

Les jeunes : entre vulnérabilité et adaptation

Les jeunes générations, qui ont grandi avec le numérique, utilisent leurs smartphones comme des outils multifonctions : réseaux sociaux, streaming, jeux, et bien plus. Toujours dans un article du journal le Temps, Yara Barrense-Dias rappelle que leur usage peut être perçu comme excessif, mais qu’il répond souvent à des besoins de socialisation et de construction identitaire. Elle met en garde contre une diabolisation des écrans, insistant sur la nécessité d’évaluer les usages à travers un prisme plus large.

Des jeunes dans un paysage nature en train de faire diverses activités sur des écrans

Vers une responsabilité partagée

Plus qu’un problème de santé publique, la question semble relever d’un enjeu sociétal. Le stress et l’anxiété liés à l’usage des smartphones peuvent devenir problématiques lorsqu’ils interfèrent avec les activités quotidiennes et le bien-être. Le sondage de Comparis met en évidence l’évolution de nos rapports aux technologies. Si les smartphones sont devenus incontournables, il est essentiel d’adopter des pratiques équilibrées pour éviter des comportements à risque. Plutôt que de condamner leur utilisation, nous appellons à une meilleure compréhension des usages et à une éducation préventive. Le smartphone est un outil donnant accès à de nombreuses opportunités. Mais également à certains risques. Il est pour nous crucial que les enfants et les adolescents apprennent un maximum de compétences pour se servir au mieux de cet appareil le moment venu. Notre programme Smartway disponible sur Digiharmo.ch vise à renforcer et faciliter ces apprentissages.