L’Australie propose d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, relançant un débat mondial : 13 ans est-il un âge suffisant pour naviguer en sécurité dans l’univers numérique ? Entre protection, compétences numériques et responsabilité des plateformes, cet article analyse les enjeux et les pistes de prévention.
L'Australie envisage d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans : faut-il rehausser l'âge minimum pour protéger nos adolescents ?
Les réseaux sociaux font désormais partie intégrante de la vie quotidienne, en particulier pour les jeunes. La limite d'âge sur les réseaux sociaux est généralement fixée à 13 ans. Cependant, l'Australie a récemment annoncé son intention d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux personnes de moins de 16 ans, mettant la responsabilité sur ces plateformes pour vérifier l'âge de leurs utilisateurs. Cette décision alimente le débat mondial sur l'âge approprié pour accéder aux réseaux sociaux et sur les compétences nécessaires que les adolescents doivent posséder pour naviguer en toute sécurité dans le monde numérique.
Pourquoi l'Australie veut-elle rehausser l'âge minimum ?
La principale motivation derrière cette initiative australienne est la protection des jeunes contre les dangers en ligne tels que le cyberharcèlement, la désinformation, et l'exposition à des contenus inappropriés. Les autorités estiment que les adolescents de 13 ans, l'âge minimum actuellement requis sur la plupart des plateformes, ne sont pas suffisamment armés pour faire face aux défis que présentent les réseaux sociaux. De plus, bon nombre de jeunes se crée un compte sur un réseau social bien avant d'avoir atteint l'âge requis de 13 ans. Les contrôles sont pour l'instant largement insuffisants. Lire un article du Temps à ce sujet
Les risques des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans
À côté des opportunités que procurent les réseaux sociaux, plusieurs risques existent. Nous décrivons ci-dessous les 4 principaux qui ressortent le plus fréquemment.
- Cyberharcèlement : Les jeunes sont particulièrement vulnérables au harcèlement en ligne, ce qui peut avoir des conséquences graves sur leur santé mentale.
- Désinformation : Sans une pensée critique développée, les adolescents peuvent être facilement influencés par de fausses informations.
- Addiction et santé mentale : Une utilisation excessive des réseaux sociaux peut entraîner une addiction et affecter le bien-être émotionnel des jeunes. Le réseau social Tik Tok est particulièrement à risque pour cet enjeu.
- Protection de la vie privée : Les adolescents peuvent ne pas comprendre pleinement les implications du partage d'informations personnelles en ligne. De plus, le modèle d'affaire de tous ces réseaux est basé sur la collecte des données personnelles. Tout est fait pour que les personnes en livrent un maximum.
Les compétences nécessaires pour une utilisation raisonnable des réseaux sociaux
Afin de pouvoir profiter au mieux des réseaux, il nous paraît nécessaire de développer un certain nombre de compétences. Dans notre travail avec les jeunes et les familles concernant les réseaux sociaux, nous insistons notamment sur :
- La mise en place de garde-fous : Pour éviter de tomber dans le piège de l'addiction. Avec par exemple une charte
- La pensée critique : Pour évaluer la crédibilité des informations et résister à la manipulation.
- La conscience numérique : Comprendre les enjeux de la vie privée et savoir comment protéger leurs données personnelles.
- Les compétences sociales en ligne : Savoir interagir de manière respectueuse et reconnaître les comportements inappropriés.
Notre plateforme DigiHarmo.ch propose des outils pour les professionnel·les qui permettent de travailler le renforcement de ces compétences.
Le débat sur l'âge minimum : 13 ans est-il trop jeune ?
Le choix de 13 ans comme âge minimum est largement basé sur les réglementations sur la protection de la vie privée des enfants, comme la COPPA aux États-Unis. Cependant, avec l'évolution rapide du paysage numérique, de nombreux experts estiment que cet âge est désormais insuffisant pour assurer la sécurité des jeunes en ligne. Il est pour nous indéniable que les plateformes ne font actuellement que le strict minimum à ce niveau. La relance du débat sur la limite d'âge sur les réseaux sociaux pourraient les pousser à revoir leur politique en la matière.
En tous les cas, la proposition australienne d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans souligne l'importance croissante de protéger les jeunes dans l'environnement numérique. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la protection des adolescents et le respect de leur liberté d'expression et de connexion sociale. Renforcer l'éducation aux médias et promouvoir des compétences numériques solides pourraient être des solutions complémentaires à une simple interdiction basée sur l'âge. Encore une fois, il faudrait à côté de cela que les plateformes investissent les moyens nécessaires pour freiner les effets délétères.









